Le milieu du fleuve

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Texte publié dans la revue Chimère n°89 “Potentiabilités Cinéma”, éd. Erés, 2017

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Pour faire Un nouveau nouveau monde, film de 35 minutes datant de 2011, j’ai eu besoin de travailler avec des images d’archives. Mes recherches se portaient sur des paysages de montagnes à la tombée de la nuit. J’ai alors trouvé, dans les Archives Prelinger (1), un ensemble de films amateurs tournés vers 1950, en 35 mm et en couleur, dans la nature de l’ouest des Etats-Unis. Ces films d’amateurs sont montés en utilisant le maximum de matériel filmé, le souci du montage ne dépend pas du sens à donner au film, mais essaie de restituer l’ensemble de ce qui a été filmé. Le montage consiste donc à ne pas couper dans les plans mais à faire se succéder bout à bout l’ensemble des bobines utilisées. Lors du dérushage, j’ai travaillé sur une bobine qui montrait un panoramique sur une montagne en contre-jour, probablement, à partir d’un point de vue touristique.

Le mouvement est lent, l’image est tremblante et s’assombrit au fur et à mesure qu’elle suit la ligne de crête d’une montagne au premier plan, puis elle descend aveuglément dans la vallée, rendant invisible par le contre-jour toute forme de détails, jusqu’à ce que l’image devienne très sombre, mais où seule une étroite bande de ciel colorée persiste à l’horizon. Le mouvement se fixe un instant, puis  une lumière blanche comme un éclat termine à la fois le plan et la bobine de pellicule.

Ce plan, pour plusieurs raisons, m’intéresse et je décide de l’utiliser dans mon film, mais je ne souhaite pas garder cet éclair blanc, car le plan suivant, que j’ai prévu de monter, est aussi un plan sombre qui montre la forêt, mais de l’intérieur. Je décide alors de le couper. En le faisant, je m'aperçois que l’image de quelque chose persiste dans cet éclair. Au moment du flash, une image apparaît : c’est un pont qui relie deux montagnes. Sans cet éclat, je ne l’aurais probablement pas remarqué, car le pont serait resté dans l’ombre. C’est parce que la bobine se termine que j’ai pu voir ce pont exister sur les trois dernières images de la pellicule. Le plan finit sur un pont. Long comme un battement de paupières.

Je ne touche à rien, je le laisse comme cela.

Evidemment, je ne peux pas utiliser le plan suivant comme je le prévoyais. Il faut alors beaucoup de temps pour que je trouve comment poursuivre le montage du film. Laissant ce pont exister presque invisiblement, comme l’image secrète et subliminale du film, je décide qu’elle est maintenant le centre du film, et que le film se construit autour de ce pont qui ne dure que trois images.

En 2015, je pars à Hangzhou, en Chine.

Là, je ne marche pas, je me déplace en voiture car la ville est trop grande. Je passe la plupart de mon temps en taxi à traverser la rivière Qiantang qui sépare la ville en deux. Suivant les embouteillages, mes itinéraires changent et j’emprunte tous les jours un des quatre ponts principaux qui permettent de passer d’une rive à l’autre.

Au même moment, je suis invité à montrer Le nouveau nouveau monde lors d’une exposition à Hangzhou. Je décide de faire un autre film sur place qui pourrait être une réponse, une suite à ce film de 2011. Une réponse, une suite, un détail, je ne sais pas. Quelque chose.

Pensant à l’image secrète du Nouveau nouveau monde, et passant et repassant, lentement, sur ces ponts embouteillés, je décide de faire le portrait de l’un d’eux, sur lesquels je m’ennuie chaque jour.
Faire cela, c’est penser que les films ont des liens entre eux qui ne sont pas logiquement induits. Il n’y a pas de programme mais des films qui se répondent en fonction des évènements vécus.

Ainsi, qu’aurai-je fait dans une ville sans eau ?

Faire cela, c’est aller chercher des choses dans de plus anciennes, les tirer, les relever, les révéler, les creuser, les faire revoir, différemment.
Faire cela, c’est croire qu’un film propose une multitude de détails qui cachent en eux-mêmes des potentialités d’histoires, que ces potentialités additionnées sont infinies, qu’un réseau sans fin est possible, qu’un film cache en lui une infinité de films. Il y a toujours des films derrière un film. C’est une pensée vertigineuse et terriblement excitante.

Il faut maintenant choisir un des quatre ponts d’Hangzhou, connaître leurs histoires.

Ne parlant pas chinois, je cherche quelqu’un avec qui travailler, une personne chinoise parlant français. Je rencontre Fang Lu, elle fait des études de littérature et de cinéma à l’Université de Hangzhou. Elle veut bien m’aider. Elle fait des recherches et me propose quatre notes écrites en français sur chacun des quatre ponts qui traversent la rivière. Je lis sa note sur le pont Qiantan, elle retient mon attention :

« Si tu montes sur la Tour Liuhe, tu peux voir un pont moderne à deux étages qui traverse au-dessus du Fleuve Qiantang. Le Pont Qiantan est le premier pont moderne dessiné et construit par la Chine elle-même. Mais 89 jours après sa mise en œuvre, il a été rasé par le gouvernement.
L’auteur du projet est un scientifique chinois qui s’appelle Mao Yisheng (1896-1989). À l’âge de 10 ans, pendant une fête des Bateaux-Dragon, il a vu un pont s’écrouler à cause d’un monde fou. Beaucoup de gens ont été noyés. À ce moment-là, il a fait vœu de construire un pont solide pour la Chine.
Il faut noter que à cette époque-là, aucun pont moderne n’a été fabriqué par la Chine. Par exemple, le Pont Huanghe a été construit par la Belgique, celui de Songhuajiang par la Russie, un autre de Yunnan par la France…Est-ce que la Chine ne pouvait pas construire un pont elle-même ? Pour Mao, la réponse était positive. Il a résigné son poste à l’Université de Nanyang et il est descendu à Hanghzou pour prendre en charge les travaux d’un nouveau pont.
Auparavant, les habitants de Hangzhou disaient toujours : « c’est pas possible au moins que tu jettes un pont au-dessus du Fleuve Qiantang .» Parce que depuis l’Antiquité, le fleuve trop dangereux à traverser surtout aux jours de typhon. En plus, une histoire raconte : « il n’y pas de fond sous le Fleuve.» C’est à dire le lit du fleuve est couvert de sable mouvant, ce qui rend difficile les travaux de piquetage. Les ingénieurs étrangers disaient que les ingénieurs chinois qui pouvaient jeter un pont sur ce fleuve n’étaient pas encore nés. Mai finalement Mao a prouvé qu’ils ont eu tort.
Les travaux ont duré trois ans, du mois août 1934 au mois septembre 1937. Pourtant, quand l’incident de Lugouqiao a eu lieu le 7 juillet 1937 et le Japon a déclaré officiellement la guerre contre la Chine, Mao a rendu compte que le destin de ce pont ne serait pas facile. Du coup, il a laissé un grand trou dans un des piles au cas où un jour on en ait besoin pour le saboter. Trois mois après, le 13 août 1937, Shanghai a été occupée par les armées de l’invasion japonaise. Hangzhou été exposée à un danger imminent! Le 16 novembre, le gouvernement de Kuomintang a donné l’ordre de détruire le pont pour empêcher les armées japonaises. Mao ne pouvait que prendre la sécurité du pays en priorité.
Le 23 décembre 1937, juste après 89 jours après sa mise en œuvre, il a été explosé par le gouvernement. A ce jour-là, Mao a dit, aux yeux larmoyants : « construire un pont, c’est patriote ; maintenant détruire un, c’est aussi patriote ! » Il a même écrit huit mots gros sur son bureau : « on va remporter la victoire de la guerre et restaurer notre pont !
Son souhait a été accompli. Après avoir remporté la victoire de la Guerre anti-japonaise, le Parti Communiste a fait réparer le pont en 1946. Pourtant, le destin misère et malheureux de ce pont n’a pas encore fini. La guerre civile entre le Parti Communiste et le Parti Kuomintang en Chine a éclaté tout de suite en 1945. Au mois mars en 1949, juste à la veille de la libération de la ville Hangzhou, les autorités de Kuomintang ont fait une tentative d’exploser le pont, afin d’empêcher l'Armée populaire de libération du Parti Communiste. Mais grâce aux efforts des partis souterrains et des cheminots, le pont n’a pas eu beaucoup de dommage sur son corps principal. Enfin le Parti Communiste a gagné la guerre de libération et puis le pont a reçu une restauration systématique.
C’est un pont qui a beaucoup souffert et qui a bien témoigné l’histoire de la Chine  dévastée pendant le 20e siècle. »

Je connais ce pont, j’y suis passé souvent. C’est un pont unique à deux niveaux, le niveau inférieur fait passer les trains et celui supérieur les voitures, les scooters et les piétons. Ceci étant, d’ailleurs, une autre de ses particularités est qu' il est le seul de la ville à pouvoir être traversé à pied. Je choisis donc de travailler autour de ce pont, pensant qu’il peut être filmé autrement que d’un véhicule motorisé.

C’est novembre, il pleut tous les jours. Je commence à filmer.

Nous sommes deux. Je suis avec Ja Wei, un étudiant qui m’a proposé de m’aider. Je porte la caméra et le trépied et lui le parapluie. Sur le pont, nous marchons sur l’étroite bande goudronnée prévue pour les piétons. Personne ne passe, nous sommes les seuls à l’emprunter. Pendant plusieurs jours où nous filmons, nous n’avons vu personne le traverser à pied. Le pont est long d’un kilomètre. Le trottoir, large de quatre-vingt centimètres, côtoie une route étroite à deux voies, séparée par une barrière en métal qui n’empêche pas les vagues de pluie incessantes provoquées par le passage continu des voitures de l’inonder. Malgré le parapluie, nous avons le bas du corps trempé. Le trafic est important et beaucoup de camions passent sur ce pont trop étroit, obligeant les scooters et les motos à emprunter la voie piétonne faute de place. Sur ce trottoir, nous devons affronter les vagues de pluie qui montent jusqu’à nos coudes, les motos qui défilent des deux côtés et le tremblement du pont à chaque camion qui hurle en nous frôlant. Nous ne pouvons filmer qu’entre le passage de chaque moto ou scooter puisqu’il n’y a pas assez de place pour le trépied de la caméra et un engin motorisé. Pour filmer le fleuve du milieu du pont, nous ne réussissons à faire que quelques plans de trente ou vingt secondes, toujours perturbés par le passage des motos devant lesquelles nous sommes obligés de déplacer le trépied pour les laisser passer puisque aucune d’elles ne ralentit à notre rencontre. Nous n’y arrivons pas.

Il faut penser différemment.

Si je filme ce pont, c’est aussi pour relier deux images qui sont deux rives, deux plans d’un film, deux images entre elles, comme dans Le nouveau nouveau monde, quand la fin d’un plan fini par ce pont en pleine nature. C’est à la fois montrer l’objet du passage qu’est le pont et aussi montrer les deux rives différentes. Il y a l’expérience du pont comme objet de reliure et les deux images sans lesquelles il n’existe pas. Filmer sur le pont, c’est être entre les deux images-rives, c’est être physiquement dans la coupure du montage. Nous sommes avec Ja Wei dans ce pli qui nous tient pour l’instant à distance. C’est un pli plein de pluie, de bruits, de tremblements qui nous éjectent à chaque fois vers la rive.

Cela fait trois jours que nous essayons de faire un plan fixe du milieu du pont qui nous satisfasse, un plan qui dure au moins plus de vingt secondes.

Hier soir, j’ai décidé du titre du film s'il existe. Le milieu du fleuve. Je me dis que ce titre m’oblige à réussir ce plan que nous n’arrivons pas à faire. Je pense comme un enfant que ce titre possède une vertu magique, et qu’il me suffit de l’énoncer pour que mon souhait se réalise.
Je demande à Ja Wei, s’il est d’accord pour essayer d’arrêter les motos qui passent, le temps de filmer ce plan du milieu du pont. Cela veut dire, arrêter physiquement le flux des machines, mettre son corps en opposition et ne pas bouger. Il hésite, je le comprends même si je ne lui dis pas. Mais comme j’insiste, il accepte.

Nous y sommes.

Je ne comprends pas le chinois, mais vu les têtes et les cris des motards à l’arrêt forcé, je pense que nous nous faisons insulter. Ja wei ne bouge pas, les bras en croix, il me regarde par dessus son épaule, me supplie du regard d’abréger mon plan. J’essaie de ne pas m’en préoccuper. Malheureusement pour lui, un cargo entre dans le plan en bas à droite de l’image que je suis en train de filmer, j’essaie de ne pas me retourner vers Ja Wei. Je me dis que je dois couper le plan lorsque le cargo aura quitté l’image, probablement en haut à gauche, cela risque de prendre du temps. Deux, trois minutes ? J’espère que Ja Wei va tenir. Pour gagner du temps, je vais à son secours, laissant la caméra seule au milieu du trottoir, le parapluie coincé dans le trépied pour la protéger de la pluie. Mon arrivée ne calme pas la dizaine de motards en file indienne, au contraire. Je préfère ne pas comprendre ce qu’ils disent. Je fais de grands gestes un peu idiots, histoire de gagner du temps, je vois dans le regard de Ja Wei qu’à ce moment précis il me déteste. Je lui dis, encore trente secondes. Je retourne à la caméra, regarde dans l’œilleton, le cargo a disparu. Je l’éteins et libère Ja wei. Les motards m’insultent en passant. Nous rions nerveusement avec Ja Wei d’avoir réussi.

Nous avons l’image de la rivière, un long trait qui sépare les deux rives comme une coulure.

Il faut maintenant filmer la couture, le pont.

Son histoire relatée brièvement dans la note de Fang Lu augmente la charge symbolique du film. Présenté comme un défi technologique et comme le symbole nationaliste d’une nouvelle puissance communiste, son rôle dans la guerre sino-japonaise et dans la lutte entre le Parti Communiste et le Parti du Kuomintang lui donne aussi l’occasion de devenir l’objet sacrificiel grâce auquel la Chine a pu édifier son histoire.
Construit, détruit, reconstruit, saboté, sauvé, ce pont est plus encore qu’un lien fragile géographique, il est l’indispensable symbole qui participe à cette mythologie de la modernité chinoise. Cette lecture repose sur l’héroïsme, le courage et l’esprit sacrificiel du peuple chinois devant le reste du monde.
Il faut éprouver physiquement ce pont. D’est en ouest, de la forêt du zoo dans lequel il prend son envol jusqu’à la rive contemporaine du quartier d’affaires, nous filmons avec Ja wei et son parapluie cette traversée que nous faisons en marchant. Un seul plan de trente-deux minutes suffit.

Comme dans Le nouveau nouveau monde, je veux utiliser une voix off. Mais contrairement au film de 2011 qui relatait le voyage du point de vue d’un exilé, j’aimerais que cette voix soit celle du pont. J’aimerais que le pont parle. Pensant ce pont à la fois comme objet théorique de la reliure, objet symbolique du montage cinématographique et objet fondateur, participant au mythe de l’idéologie communiste, il incarne le sacrifice de Mao fait au peuple chinois. Mao dit même qu’il pleure le pont. Il devient ainsi le personnage sacrifié. J’aimerais lui donner une voix, lui redonner la vie.

J’écris ce texte qui sera traduit puis lu en chinois :

« Je suis né du souvenir d’un homme qui a vu la mort pour la première fois lorsqu’il avait dix ans.
Lors d’une fête où des bateaux paradaient comme des dragons sur la rivière, une foule se précipita pour confier leurs secrets à ces bêtes flottantes qui s’étaient reposées un instant à l’ombre d’un petit pont de pierre. Quand leurs secrets devinrent des cris, le pont céda sous la foule et elle fut engloutie par le courant.
L’eau, comme une coulée de lave, les fit disparaitre et taire comme par magie.
Ce fut le premier souvenir de cet enfant qui devint l’homme qui me fit naître.
Je suis né une première fois d’une image fixée par la mort, quand un enfant prend conscience qu’il ne survivra pas aux cris et à la folie des foules aveugles.
J’ai été pensé avant de naître, doucement, lentement, avec patience.
J ‘ai été mûri, pensé, calculé, toujours avec ce souvenir fondateur qu’il n y a rien qui puisse sauver l’orgueil.
Je suis donc né véritablement et réellement une seconde fois, en 1934.
Vingt ans après ce souvenir d’enfance.
Vingt longues années après la rumination de cet instant funeste, magique et fondateur.
Ma mère-patrie accoucha dans la douleur puisque ma naissance dura sept ans.
Pendant ce temps-là, pendant le temps de ma naissance, j’ai pu regarder autour de moi, afin de mieux me comprendre, et d’étudier ce que j’étais et où j’allais, à quoi on me destinait.
J’allais être le premier chinois à traverser le fleuve bleu.
Il y eut donc ma première naissance, dans l’esprit d’un enfant de dix ans, et cette seconde naissance, longue et initiatique.
Mais ce premier cheminement vers la rive fut un piège. Un faux espoir, puisque je fus sacrifié neuf mois plus tard, détruit, noyé dans le fleuve que je couvais.
Je compris bien plus tard que ce sacrifice signifiait la possibilité d’une victoire future. Mais l’insouciance de la jeunesse ne permet pas vraiment de comprendre ce genre de chose.
Ainsi, on me détruisit à l’automne, en novembre, il pleuvait.
Ma destruction me parut aussi longue que ma naissance, bien qu’elle fut en réalité bien plus rapide. Je fus détruit en un instant par la dynamite mais mon effondrement me parut sans fin.
Je m'enfonçais lentement dans le fleuve.
Je n’étais plus que débris et eau.
Les poissons et les sables mouvants me dévoraient.
Je compris dans cette lente chute vers le fond, ce que représentait l’odeur de la vie qui s’en va, la vision stroboscopique d’une multitude de fragments d’images qui défilent devant soi, la volonté futile de donner un sens au chaos d’une mémoire qui explose au ralenti.
Les sensations.
Un kiwi trop mûr s’écrase sous la langue.
L’odeur des premières pluies du printemps sur le goudron tiède.
Un nuage de poussières qui fait saigner le nez.
Un pamplemousse gros comme une tête d'enfant s’écrase sur le sol.
Tchang kai Chek mange chaque matin des litchis séchés.
Mao caresse son chat en pleurant.
Les Japonais sont de l’autre côté du fleuve.
Le pied nu de ma mère immobile dans une petite flaque de sang et de lait mêlés.
Le typhon me pousse au fond du fleuve.
Les coques des bateaux de pêche ne me caressent plus.
Les poissons disparaissent peu à peu. »

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1. En 1982, à San Francisco, Rick Prelinger commence à rassembler une collection de films amateurs et institutionnels, aujourd’hui connue sous le nom de Prelinger Archive. Cet ensemble de films est considéré aujourd’hui comme un patrimoine culturel important aux États-Unis, témoignant de la vie quotidienne, des changements sociaux et environnementaux de l'histoire de ce pays.